Comment faire des carreaux d’argile – tout ce que vous devez savoir à leur sujet
Les bâtiments ne sont plus de simples abris : aujourd’hui, ils résistent à des pluies battantes et à des tempêtes qui, il y a quelques décennies encore, auraient mis nos constructions à genoux. Cette robustesse, on la doit à une pièce maîtresse : la brique, et plus précisément les carreaux d’argile.
La brique, c’est cette petite unité, bien connue du monde de la construction. Habituellement façonnée à partir d’argile cuite, elle s’assemble grâce à un mortier composé d’eau, de ciment et de sable, formant un tout solide et résistant. Son atout ? Elle conserve la chaleur, ne craint ni la corrosion ni le feu, et s’impose comme le matériau de prédilection pour les bâtiments exigus, les formes courbes et les constructions qui doivent durer, avec un minimum d’entretien. Avec des dimensions souvent standardisées, environ 4 pouces de large sur 8 pouces de long, la brique s’adapte partout. On peut littéralement façonner une infinité de structures à partir de ces petits blocs.
La plupart d’entre nous visualisent sans peine leur forme : rectangulaire, compacte, prête à servir. Mais avant d’arriver là, chaque brique passe par un cycle rigoureux. Après avoir été moulée encore malléable, elle subit un passage au four à très haute température. C’est ce feu qui lui donne sa robustesse. Impossible de se limiter à un seul procédé pour la fabrication : aujourd’hui, on passe par trois grandes méthodes, la presse à sec, la boue extrudée ou la boue molle.
Diverses méthodes de fabrication de briques d’argile
Processus de boue molle
Le processus commence avec une argile humide (environ 30 % d’eau), introduite à la main ou à la machine dans des moules. Pour éviter que l’argile ne colle, les moules sont humidifiés ou sablés juste avant utilisation. Le résultat : des briques à surface lisse et dense, appelées briques moulées à l’eau. Si on saupoudre du sable sur la forme humide avant moulage, on obtient des briques texturées, marquées d’un relief particulier. Ce détail, loin d’être anodin, influence l’aspect final du mur.
Processus de presse à sec
Pour la presse à sec, on utilise une argile bien moins hydratée (autour de 10 % d’eau). L’argile est placée dans des moules puis subit une pression extrême grâce à une presse hydraulique. Cette pression compacte la matière, formant des briques denses, prêtes à être séchées puis cuites. Encore malléables, elles peuvent être ornées de motifs, de rainures fonctionnelles ou de textures spécifiques, selon l’usage final.
Boue extrudée
Autre méthode, désormais largement répandue : l’extrusion. Ici, l’argile contient encore moins d’eau. On la pousse à travers une filière (un moule long), puis elle est découpée à la longueur souhaitée à l’aide d’un fil. Cette technique, celle des briques dites « coupées au fil », permet une production rapide, efficace, et des formes très régulières. C’est la méthode qui domine aujourd’hui chez la plupart des fabricants.
Classes de briques
Comme partout, les briques ne se valent pas toutes. Elles sont classées en quatre catégories, chacune ayant ses usages et ses caractéristiques. Les briques de première classe se distinguent par leur solidité et leur finition impeccable, mais leur prix est à la hauteur de leur qualité. Pour des murs visibles, mieux vaut opter pour ces modèles, toujours à utiliser avec un mortier adapté.
Face à ce choix à quatre niveaux, difficile de s’y retrouver. Beaucoup ignorent ce qui distingue une catégorie d’une autre. Le plus efficace reste d’analyser les besoins précis du chantier, pour choisir la brique qui y correspond vraiment.
Pierres de première classe
Voici les critères qui définissent les pierres de première classe :
- Une cuisson soignée qui offre des teintes allant du rouge profond au cuivre ou à la cerise.
- Extérieur rectangulaire, surface lisse, bords nets et parallèles, coins parfaitement droits.
- Absence totale de défauts visibles : pas de fissures, pas d’inclusions.
- Texture uniforme sur toute la brique.
- Un test de rayure ne doit laisser aucune marque.
- Pas de grumeaux ni de taches de chaux sur les parties cassées.
- Deux briques frappées l’une contre l’autre émettent un son clair, presque métallique.
- Absorption d’eau après 24 h dans l’eau froide : entre 12 % et 15 %.
La résistance mécanique doit atteindre au moins 10 N/mm², bien que cette norme varie selon les pays. Ces briques sont parfaites pour les façades apparentes, les structures de maçonnerie qui doivent se montrer, les ouvrages renforcés et les sols. Les autres classes possèdent évidemment leurs spécificités, ce qui facilite la comparaison.
Briques de deuxième classe
Les exigences sont proches de la première classe, à quelques exceptions près :
- De légères déformations ou fissures sont tolérées.
- L’absorption d’eau peut grimper jusqu’à 16-20 % du poids sec.
- La résistance à la compression doit dépasser 7,0 N/mm².
Ces briques conviennent parfaitement pour la maçonnerie non visible.
Briques de 3e classe
- Moins bien cuites, plus légères, de couleur pâle, elles produisent un son mat lorsqu’on les heurte.
- L’absorption d’eau atteint environ 25 % du poids sec.
On les réserve aux structures temporaires, où la solidité n’est pas primordiale.
Briques de quatrième classe
- Pas assez cuites, forme et taille irrégulières, elles sont fragiles et peu fiables.
Ces briques trouvent leur place dans les fonds de routes, les dallages ou les fondations en béton calcaire.
Types de pigments de briques
Oxyde de brique brune, Manganèse
Le pigment brun, à base de manganèse, est originaire d’Afrique et donne une teinte céramique chaleureuse. Mélangé à l’argile rouge, il permet d’obtenir toute une palette : muscade, chocolat, moucheté… Tout dépend du dosage et de la granulométrie. L’oxyde de brique brune garantit une couleur homogène et stable, capable de résister à des températures approchant les 1280 °C. Rares sont les briques à surmonter une telle chaleur sans altération. Le manganèse est utilisé principalement pour colorer la masse ou créer des effets mouchetés. Seule la taille des particules différencie les deux usages. Pour un pigment adapté à votre projet, il suffit de choisir la formule adéquate.
Oxyde de brique noire, K37
Sous l’appellation K37, l’oxyde de brique noire donne naissance à une céramique d’une profondeur rare. Selon la composition, la nuance va du brun très foncé au noir intense. Ce pigment est plébiscité pour les surfaces céramiques contemporaines.
Ce matériau permet de réaliser des briques, pavés, tuiles, ou objets décoratifs. Le contraste du noir avec l’acier ou le blanc inspire de plus en plus d’architectes et de designers. Pour ceux qui souhaitent une teinte noire sur mesure, le K37 répond à toutes les exigences.
Gris Oxyde de brique, Farine
Pour obtenir des briques grises, on utilise généralement une argile blanche ou ivoire, enrichie de farine de chrome. Le béton ou le ciment ne permet pas d’atteindre la même diversité de nuances. La chromite de fer, sous forme de farine, sert de pigment pour des teintes grises très variées, avec tous les avantages d’une céramique cuite. Ce pigment se révèle d’une grande efficacité.
Le choix des nuances et des formes est vaste, même si la demande reste plus modérée que pour le noir. Cependant, les briques grises apportent une dimension unique à tout édifice. La farine de chrome intervient aussi dans la fabrication de briques réfractaires pour certains fours industriels.
Grâce à sa résistance à la corrosion, la farine de chrome est utilisée dans les réfractaires de magnésie-chrome pour l’industrie des métaux non ferreux (cuivre, plomb, zinc). Ces matériaux conviennent particulièrement aux équipements suivants :
- Poêles en terre ouverte
- Fours électriques à arc
- Fours de métallurgie
- Fours à ciment rotatifs
- Fours verriers
- Fours industriels à haute température
Autrement dit, les pigments permettent de jouer sur toute la gamme des nuances pour offrir aux carreaux d’argile une identité visuelle singulière. C’est ce rendu personnalisé que recherchent de nombreux architectes.
La première étape
Tout commence par le concassage et le broyage des matières premières dans un concasseur à mâchoires et un séparateur. Le but : obtenir un mélange parfaitement homogène. Parmi ces composants figurent l’argile et ses pigments, comme l’oxyde de brique brune, noire ou grise. Après filtrage et sélection du mélange pour chaque lot, la matière première rejoint l’une des trois filières de moulage : extrusion, moulage manuel ou pressage.
Parmi ces techniques, l’extrusion s’est imposée comme la plus répandue et la plus fiable. Une fois formées, les briques doivent être soigneusement séchées pour éliminer toute humidité résiduelle. Cette étape conditionne la réussite de la cuisson : une brique trop humide risque de se fissurer. Après séchage, direction le four pour la cuisson, puis refroidissement. Le stockage s’effectue par empilage automatique, avec des bandes d’acier et des coins en plastique pour la protection.
Face à la diversité des méthodes et des types de briques, il n’est pas toujours simple de faire le bon choix sans expérience. Le plus judicieux reste d’évaluer leurs caractéristiques et de sélectionner la brique qui correspondra à votre projet. Toutes sont solides, mais la première classe garantit la longévité maximale. Pour une touche de couleur, privilégiez les nuances au manganèse. Même un mur de briques « brutes » dégage une authenticité inimitable. Et si l’esthétique n’est pas votre priorité, la robustesse et la qualité doivent primer. La brique, c’est l’assurance que chaque mur, chaque façade, porte en lui l’empreinte du temps et la promesse d’une solidité à toute épreuve.









