La législation sur les marques n’empêche pas la circulation de copies quasi-identiques de faïences réputées. Certaines fausses signatures imitent jusqu’aux défauts des originaux. Les productions antérieures à 1942 ne comportent pas toutes la célèbre mention “Henriot Quimper”, ce qui brouille davantage les repères. Derrière le vernis éclatant, des détails échappent souvent aux regards non avertis.
Reconnaître l’authenticité d’une faïence Henriot Quimper : les repères essentiels
Entre les ateliers de Locmaria et les vitrines du musée de la faïence de Quimper, la frontière entre original et imitation ne tient parfois qu’à une nuance dans le geste, une usure discrète, la marque du temps. La faïence Henriot Quimper, issue d’une tradition remontant à 1690, affiche une pâte épaisse, un glaçage aux subtils reflets et des motifs bretons minutieusement peints à la main. Chaque objet porte l’empreinte du travail artisanal. Les défauts discrets, craquelures du glaçage, contours légèrement irréguliers d’un personnage, signature hésitante du décorateur, sont la signature silencieuse de l’authenticité.
L’arrière d’une assiette ou d’un pichet livre souvent la pièce maîtresse du puzzle. Les mentions comme HB, HR, Henriot Quimper ou Porquier-Beau racontent l’histoire de la manufacture et la datation de la pièce. Certains marquages anciens se limitent à des initiales ou à un simple numéro de peintre ; le fameux trèfle à trois feuilles signale la main de Porquier-Beau. Parfois, la faïence arbore la marque d’un artiste reconnu, Mathurin Méheut, René-Yves Creston, Jeanne Malivel, ce qui propulse la pièce dans une autre dimension, patrimoniale et recherchée sur le marché.
Le décor, lui, reste le pivot de toute identification. Motifs floraux stylisés, scènes de la vie rurale aux teintes douces, sculptures religieuses, influences Art Déco : chaque détail plonge dans l’univers breton et dans l’histoire de la fabrique. L’état de conservation, la rareté du modèle, la finesse du dessin jouent aussi leur rôle. Certaines pièces anciennes, parfois sans aucune signature, séduisent par leur aspect brut et la force de leur patine, ce qui attire les collectionneurs les plus avertis.
Contrefaçons et faux : indices visuels qui doivent vous alerter
Le marché de la faïence Henriot Quimper est régulièrement traversé par des copies habiles. Face à la prolifération des reproductions et des contrefaçons, l’œil entraîné repère vite certains signaux.
Pour vous aider à distinguer l’artisanat du simulacre, voici les pièges les plus courants à surveiller :
- Un décor trop régulier, où chaque motif semble avoir été calqué à la perfection, trahit l’absence de spontanéité propre aux œuvres authentiques.
- Des couleurs uniformes, très vives, sans les nuances ou superpositions que l’on retrouve sur les véritables Quimper.
- Des dessins qui dévient par rapport à la forme de l’objet : c’est souvent le signe d’une technique de transfert, et non d’un pinceau appliqué à la main.
La signature est un autre révélateur. Beaucoup de copies arborent une signature maladroite : lettres mal proportionnées, lignes hésitantes, ou au contraire parfaitement régulières, comme tracées au pochoir. Sur un authentique Quimper, la signature, qu’il s’agisse de « HB », « Henriot Quimper » ou du trèfle Porquier-Beau, garde une part d’imprévu, parfois difficile à déchiffrer mais toujours vibrante.
En cas de doute, il reste possible de solliciter un expert ou de se rapprocher du musée de la faïence de Quimper pour examiner une pièce suspecte. Sur le marché, ce sont la connaissance des codes, l’expérience du regard et l’attention au moindre détail qui permettent de distinguer la véritable œuvre issue de la manufacture Henriot d’une imitation soignée. Une vigilance qui, bien souvent, fait la différence entre un simple objet décoratif et un morceau d’histoire bretonne.


